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Blog de Laurent Bloch
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Racisme

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Rappel de la discussion
Racisme
Pierre Wassef - le 9 octobre 2018

Salut Laurent,
j’ai lu avec attention et beaucoup de sympathie ton texte sur le racisme. Ce concept, comme beaucoup d’autres mal définis, s’utilise malheureusement toujours au singulier, comme « la » liberté, l’art, l’amour et tant d’autres. J’ai pris l’habitude, dès que je lis ou j’entends ces singuliers, de me poser la question de savoir ce que ça donnerait au pluriel. Y aurait-il plusieurs sortes de racismes ? Qui ont en commun un appel au meurtre réel ou symbolique, mais souvent réel.

À mon avis cela mériterait l’exploration. Par exemple tu cites Sibony, que j’ai bien connu et qui pour moi est raciste, il suffit pour s’en convaincre de lire un papier qu’il a commis il y a quelques années dans Libération intitulé « Les masses arabo-musulmanes et leur rapport à la mère ». Racisme que tu qualifies gentiment de judeocentrime. Il n’y a pire racisme que celui qui se drape d’un discours savant, ici la psychanalyse. Il y a aussi ce que tu as vécu au collège et ce qu’a vécu ma fille Sarah, dont on a parlé aujourd’hui, qui est simplement comme tu le dis un besoin d’enfants de faire mal. Mais ces enfants n’ont rien inventé, ils utilisent nécessairement pour ce faire ce qu’ils ont entendu ou capté d’un discours raciste. Il y a aussi ce que René Girard a expliqué par la nécessité d’un bouc émissaire pour que se cimente un groupe d’humains, qui peut ou non, selon que le bouc émissaire soit une communauté ou un individu, relever ou pas d’un phénomène raciste fabriqué et légitimé par un pouvoir, par exemple les juifs pour les nazis ou pour l’eglise catholique, les arabes et les musulmans pour nous aujourd’hui, ou Jesus ou Trotski, qui ont été des boucs émissaires sans qu’il s’agisse de racisme, (même s’ils étaient tous deux juifs).

Et puis il y a la thèse de Sartre, plus psychologique, à laquelle tu sembles adhérer et qui est totalement pertinente. Mais différente.

Enfin j’ai vraiment apprécié ton soucis de ne pas différencier ni séparer antisemitime et racisme. Tu vas te faire incendier par la LICRA.

En en dernier lieu, je ne crois pas à l’augmentation des phénomènes racistes aujourd’hui, il se trouve simplement que ces dernieres décennies il était mal vu de l’exprimer, pas politiquement correct, mais la bête patientait et maintenant elle hurle. Récession oblige.

Daniel Sibony
Laurent Bloch - le 9 octobre 2018

Merci de ton message, Pierre,

Comme toi j’ai bien connu Daniel Sibony, et je suis d’accord avec toi pour penser que certains de ses textes sont suffisamment ambigus pour être lus comme racistes. Il a aussi suggéré que la Palestine était due aux Juifs parce que Dieu la leur avait donnée, ce qui se passe de commentaire (je cite de mémoire, le livre m’est tombé des mains). Mais, aussi dérangeant que ce soit, il a aussi écrit des analyses du racisme très perspicaces, dont je m’inspire ici.

Bien sûr, les manifestations de racisme chez les enfants ne tombent pas du ciel. Les explosions de la parole et du geste raciste non plus. C’est un fonds idéologique et langagier qui se manifeste avec une intensité fluctuante, mais qui est toujours là, à l’arrière-plan. Attribuer ses efflorescences à une récession (qu’elle existe ou pas d’ailleurs) est partiel, le phénomène récent est à mon avis plus global, il s’agit d’une véritable crise de doute généralisé des sociétés européennes. Lire à ce propos le dernier livre de Marcel Gauchet me semble apporter quelques éléments de réponse.

Amicalement à toi !

Vous avez dit racisme ?
Aïcha Kherroubi - le 12 octobre 2018

Sans vouloir investir le champ de l’interprétation du racisme (restrictif, extensif, polymorphe, sibonien..) ni vous conter des expériences de racisme ordinaire, je dirai tout simplement que contrairement à Jean-Yves, le racisme je connais...
Je dirai également qu’une fois qu’on a cerné la chose ( le plus tôt est le mieux), et qu’on sait que c’est là et que ça existe et que ça existera toujours, cela aide parfois à grandir plus vite, renforce et rend meilleur ( pour ne pas dire les meilleurs à condition que ce ne soit pas dans des domaines"réservés") . Cela oblige surtout à garder une saine "distance critique" et "à ne pas obéir" à ceux et celles qui vous disent et vous veulent petit, faible et mauvais ( vous assigner)
Il faut reconnaître que depuis les années 60, 70, 80, 90 ( la marche pour l’égalité des droits, la/les coupes du monde...) nous avons fait un bon bout de chemin notamment terminologique.
Avant en France il y avait des noirs, des arabes, des chinois. Aujourd’hui nous avons des "minorités visibles" et des "minorités non visibles" ; nous avons également des citoyens français " issus de la diversité" ( ce sont ceux qu’ autrefois on appelait les enfant d’immigrés ou les " français d’origine étrangère" qui d’ailleurs le resteront toujours d’origine étrangère !) ; et depuis quelque temps arrivent les "migrants" ! resteront ils toujours des "migrants " ? Autant d’expressions et de mots pour envelopper dans de la dentelle les pensées discriminantes et le malaise face à l’Autre...
Au pays des droits de l’homme, là où l’on poursuit sans ambages l’assignation identitaire, seul le poids des mots compte pour maintenir le cap socio-racial.
D’ailleurs mon cher Laurent cette discussion sur le racisme est-elle encore d’actualité alors que le mot "race " a été supprimée de la constitution ? Le texte est maintenant ; la France "assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion" au lieu de "sans distinction d’origine, de race ou de religion".
Serait- ce là une tartufferie constitutionnelle ( "Cachez cette race que je ne saurais voir " ) ?

Amicalement

Aïcha

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