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Heurs et malheurs de l’hébergement et des nuages :
Faut-il créer son site avec son nom de domaine ?
Services gratuits : vous êtes la marchandise et pas le client
Article mis en ligne le 15 mars 2013
dernière modification le 19 décembre 2016

par Laurent Bloch
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 Créer et utiliser son nom de domaine

Aujourd’hui, ce qui n’est pas sur le Web n’existe pas. C’est vrai aussi pour les personnes, vous ou moi.

De nombreux opérateurs vous proposent gratuitement leurs services de messagerie, d’hébergement de blog ou de site, de stockage et de partage de données, d’agenda, etc. C’est très tentant, très commode. Mais il ne faut pas oublier que dans ce genre de marché à deux versants, si c’est gratuit pour vous, c’est qu’au lieu d’être le client vous êtes la marchandise. Et par exemple, si vous changez de fournisseur d’accès ou d’hébergeur, l’URL de votre site (son adresse) change, et vous perdez des lecteurs.

C’est pourquoi je me suis résolu à prendre le temps et la peine de créer et d’administrer mon propre domaine dans l’Internet, et que je vous invite à en faire autant.

Il y a près de dix ans j’ai acheté un nom de domaine et créé un site Web, destiné initialement surtout à mes activités d’enseignement, et sur lequel vous lisez actuellement cet article. Pour ce faire j’ai choisi la plate-forme d’hébergement mutualisée qui était à l’époque classée comme la meilleure par le Journal du Net, j’y ai installé un CMS (Spip en l’occurrence) et domicilié mon adresse électronique. Pour le nom de domaine je me suis adressé à un autre fournisseur (Gandi), pour éviter de mettre tous mes œufs dans le même panier. Plus tard, j’ai loué un serveur virtuel chez OVH pour y implanter le dépôt Subversion de mes travaux éditoriaux, ainsi que la plate-forme de ma Newsletter. C’était un peu dispersé, mais comme on va le voir je n’ai eu qu’à me féliciter de cette redondance.

 Une trop bonne qualité de service est-elle immorale ?

Pendant des années je n’ai eu qu’à me féliciter de cette organisation. L’assistance technique de mon hébergeur était au-dessus de toute critique. Pour donner une idée de leur serviabilité : mon site tombait ou dysfonctionnait gravement, je mettais un mail au support, une heure plus tard j’avais une réponse du type « Dans tel fichier .php, à la ligne numéro tant, modifier telle valeur. » Et hop, c’était reparti !

Une amie qui travaille dans le service et l’hébergement, à qui je racontais cela, m’a demandé si j’avais avec eux un contrat de maintenance applicative pour mon CMS, et à ma réponse négative, m’a dit qu’ils avaient tort de me donner gratuitement ce service non prévu, que c’était de la sur-qualité, une chose à ne pas faire. Je pense néanmoins que c’est pour cela qu’ils avaient des clients : pour moi, la différence est entre les gens qui font en sorte que mon site fonctionne, et ceux qui s’en moquent comme de l’an 40 parce qu’ils sont trop occupés à leur reporting, à leur démarche PDCA et à leur qualité IS-9000, exigée par leur hiérarchie.

 La déchéance du service est-elle le prix de l’« amélioration continue » ?

Bref, tout allait pour le mieux, jusqu’à ce que l’hébergeur soit racheté par une société plus « professionnelle », avec de vrais managers qui connaissent le reporting et les démarches d’amélioration continue de la qualité. Autant dire que tout s’est dégradé assez vite. L’équipe d’assistance technique, dont la rentabilité n’a sans doute pas pu être prouvée, a disparu, je n’ai plus eu de réponse à mes questions pourtant rares et circonstanciées ; par contre j’ai eu de nombreux messages non sollicités de publicité pour les nouveaux services de la nouvelle société.

Il faut dire aussi que ce fut le moment où les fournisseurs d’hébergement mutualisé furent confrontés à l’arrivée de l’informatique en nuage, qui remettait en cause leur modèle économique. Il leur fallait assurer la transition vers un nouveau modèle : mais ce n’est pas en laissant tomber leurs clients qu’ils allaient les convaincre de migrer vers leur nouvelle offre.

Pour couronner le tout, leur plate-forme en est restée à une version de PHP particulièrement mauvaise, et lourdement incompatible avec la nouvelle version de Spip, ce qui m’a coûté quelques nuits de tentatives finalement infructueuses, alors qu’avec la version à jour de mon nouvel hébergeur (Gandi Simple Hosting) tout marche comme sur des roulettes.

 Il faut être prêt à changer d’hébergeur !

Bref, il m’a fallu envisager de déménager : pour le site ce n’était pas trop compliqué, mais j’étais assez inquiet pour la messagerie, parce qu’elle joue un rôle important dans ma vie privée et professionnelle, et que mes correspondants ne sont pas trop habitués à ce qu’elle cesse de fonctionner. Et configurer sa zone DNS, ce n’est pas simple, parce que les erreurs n’apparaissent pas tout de suite, et qu’elles sont difficiles à comprendre.

Je dois avouer que ce fut une des raisons qui m’a fait choisir Gandi Simple Hosting : je me suis dit qu’ils seraient assez coopératifs pour faire migrer mon domaine vers chez eux. Ce fut le cas. Tous ces systèmes présentent une interface de gestion par navigateur interposé qui obscurcit les choses plus qu’elle ne les facilite, mais grâce à la bonne volonté de l’équipe d’assistance tout s’est très bien passé et ma messagerie n’a été interrompue qu’une petite journée. Et grâce à ma Newsletter chez un autre opérateur j’avais pu prévenir mes correspondants :-)

 Pourquoi je persévère

Vous me direz que je me suis cassé la tête pour pas grand-chose, et que je n’avais qu’à faire comme tout le monde : ma messagerie et mes documents privés chez Google, mes activités éditoriales chez Dropbox, mon site sur Blogspot (qui m’amènerait plus de lecteurs). Désolé, mais l’avantage de l’Internet tel qu’il existe aujourd’hui, et malgré les efforts des grands opérateurs (et des fabricants de tablettes et de smartphones) pour le transformer en Minitel 2.0 et en TF1++, c’est que chacun peut y être un citoyen libre et indépendant, sous sa propre responsabilité, à des conditions économiques acceptables. Cela m’a coûté quelques dizaines d’heures de travail (pour cette fois-ci, parce qu’au total beaucoup plus) et un peu d’argent, mais c’est un prix raisonnable pour ma liberté et mon indépendance. Et cela ne m’empêche pas d’utiliser Google Agenda et Dropbox, même si je cherche des alternatives libres et autonomes.

Forum
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Faut-il créer son site avec son nom de domaine ? Démarche ultime ?
Robert Ehrlich - le 19 février 2015

Le démarche ultime dans ce cas ne serait-elle pas de devenir son propre hébergeur ? Il y a quelques inconvénients : la nécessité d’avoir chez soi une machine allumée en permanence, le faible débit dans le sens ma_machine -> client_exterieur, mais l’avantage est qu’on maitrise tout. J’ai envisagé cette solution pour moi-même mais ne ne suis pas lancé parce que ce que j’aurais à mettre sur ce site ne vaut pas l’effort nécessaire, et que je n’utilise que des ordinateurs de récupération dont les possibilités sont limitées. Elle est utilisée par mon frère (retraité comme moi) qui héberge ainsi chez lui le site concernant son activité de conseil et teste aussi de cette façon les innovations à venir sur le site de son club de planeur, dont il est par ce biais un site backup. Evidemment ce n’est pas forcément à la portée du premier venu, mais mon frère comme moi ou toi sommes de la partie.

Faut-il créer son site avec son nom de domaine ? Démarche ultime ?
Laurent Bloch - le 19 février 2015

Salut à toi, Robert,

Oui alors j’ai envisagé cette solution, et j’y ai renoncé essentiellement pour des raisons de sécurité : physique (laisser une machine allumée pendant les vacances, avec risque de canicule) et logique (rater une mise à jour de sécurité peut avoir des conséquences). Alors il y a des professionnels qui font cela très bien, le tout est de trouver les bons, sérieux, et d’être prêt à en changer s’il le faut, ce qui a un coût non négligeable. Mais au total ce n’est pas cher pour ce que c’est.

Faut-il créer son site avec son nom de domaine ?
Lucille - le 10 mars 2014

Il est parfaitement vrai de relever l’importance de disposer de son propre nom de domaine, enregistré en son nom.
En terme de référencement naturel le nom de domaine reste une base indispensable. Il faut qu’il soit court et facile a retenir.
Également, le fait de l’avoir enregistré en son nom permet de toujours conserver la possibilité de le transférer d’un hébergeur à un autre sans perdre le référencement acquis.
Bonne continuation

Services gratuits : vous êtes la marchandise et pas le client
Josiane Borredon - le 21 mars 2013

Juste une petite remarque à propos de "mon site sur Blogspot (qui m’amènerait plus de lecteurs)".

J’ai créé un blog sur blogspot ; je l’ai choisi comme outil collaboratif (nous sommes plusieurs auteurs, il y en d’autres, je l’espère) pour sa facilité d’utilisation.
J’ai été surprise de découvrir que les blogs de google (blogspot, donc) n’étaient pas conçus pour en favoriser le référencement. Pour cela il n’est pas inutile d’aller bidouiller le code du modèle, ce que tout le monde ne peut pas faire (même si, heureusement il y a une vaste communauté qui partage ses tuyaux : ça m’a bien aidée).

Par exemple, le titre des articles (appelés messages dans blogger) est important pour le référencement au même titre que le choix des mots de l’article et sa description ; par défaut dans Blogger ils mettent en premier le titre du blog pour tous les messages ; le titre du message vient après ; si on veut mettre en évidence le titre des articles il faut modifier le code du modèle.

Voilà c’était juste pour vous faire part de ma toute petite expérience.
Amicalement
Josiane

Services gratuits : vous êtes la marchandise et pas le client
jean-louis coquin - le 19 mars 2013

Mais quel plaisir de lire cela !

Services gratuits : vous êtes la marchandise et pas le client
Raymond Juillerat - le 19 mars 2013

Voici plus de 16 ans que je gère un site personnel. S’il a changé de nom, c’est aussi parce que j’ai changé de fournisseur, en tous cas cinq fois durant cette période. Et je sens que ce n’est pas fini, ayant découvert un fournisseur hébergeant gratuitement et réagissant au quart de tour. Je code tout moi-même, HTML, PHP, CGI, CSS, etc. Les systèmes de gestion de contenu (CMS) ne m’enthousiasment pas du tout (ou pas encore). Sous un tel système, chaque site se présente plus ou moins dans un même cadre. Heureusement certains sont plus fluides comme le tien, s’adaptant à la largeur de l’affichage. J’irai donc aussi voir aussi ce que permet SPIP.
Amitiés
Raymond



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