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Quelle attitude face à l’islamisme ?

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Rappel de la discussion
faire face aux diversités
ordonneau - le 1er décembre 2020

Faut-il poser le problème de la diversité et plus précisément de la place de la religion musulmane dans les termes anglo-saxons de cohabitation des communautés qui conduit à affirmer que les unes ne sont pas moins bonnes que les autres et que finalement, tout se valant, rien ne saurait se prétendre mieux ou plus haut ou plus fort. Le respect est dû aux différences par nature et par culture. Par nature parce que le noir n’est pas noir de sa faute et par culture parce que ce qu’on croit juste ne peut pas être injuste, sinon nécessairement on n’y croirait pas.

Il est vrai que vue des Etats-Unis la conception de la place des diversités en France relève d’une forme d’Etat stalinien ( ou si on veut être subtil, trostko-léniniste) . Ne nous faisons pas d’illusion : le concept d’Etat-dieu est français. C’est un homme épris d’humanité qui l’a conceptualisé après que des siècles de juristes aient apportées leurs briques, lui laissant le soin d’achever l’édifice. Ne nous faisons pas d’illusion, l’Etat totalitaire abstraction politique doit beaucoup à l’intelligence française, en ce qu’elle a produit sa condition essentielle, le citoyen, abstraction juridique.

Où veut-on en venir ? A ceci que ce n’est pas un bon angle d’attaque que de mener une réflexion sur l’attitude française à l’égard des diversités en s’appuyant sur des concepts anglo-saxons.

Si du point de vue français, la diversité était traitée comme elle l’a été et l’est encore dans les pays de culture anglo-saxonne, alors, la situation géopolitique méditerranéenne aurait une autre allure. Conquérant à la façon anglo-saxonne, les pays du Maghreb (dont les populations aux alentours des années 1830-1840 n’étaient pas moins nombreuses que les populations américano-américaines dites aussi « indiennes »), les Français auraient liquidé les locaux, les auraient cantonnés dans les déserts alentours et les auraient ressortis de temps en temps comme phénomènes de foire. Et la question des mahométans français aurait été résolue.

Mais voilà, les français ne sont pas anglo-saxons, ils sont imbus d’eux-mêmes comme chacun le sait et n’ont jamais pu oublier que Rome, par ses institutions et par sa culture avait inventé le « citoyen » et l’avait propagé nollens volens à tous ses ressortissants.

Les Français s’étaient pris pour des Romains et s’étaient imaginés que chacun pourrait lancer à la face du Tyran injuste : Civis romanus sum.

Mais sûrement pas, je suis algérien, je suis musulman, je suis malien et autres billevesées. Ces derniers mots sont choquants ? Ce serait manquer de respect vis-à-vis de cultures, d’idées, et d’hommes finalement ? La position française n’est-elle pas plus forte : je suis citoyen français doit suffire.

D’où les hurlements des gens de la diversité qui crient au déni de justice, humaine, culturelle et spirituelle ! et qui, dénoncent ce mépris que cette affirmation recèle, et qui trouve à s’exprimer les caricatures pour dégrader , minimiser, réduire non pas seulement des différences « phénoménales » mais des authenticités « ontologiques ». Et le circuit des idées à l’envers recommence : puisque je suis « musulmanus civis » ou « algérianus », puisque je suis n’importe quoi sauf Français, alors je dois être vu, entendu, défendu comme un « musulmanus civis » selon ses lois etc etc.

Il est temps de changer de perspective et de cesser d’anglo-saxoniser. Il est temps de dire que le Génie français ne réside pas dans la conservation d’isolats sociaux, culturels, spirituels prétendument respectables. Il est temps de dire un principe fondamental de la société française : on ne règle pas ses comptes soit même quelque soit le crime commis. Aucune différence, aucune soi-disant particularités ne justifie qu’un groupe ou un individu organise des règlements de compte idéologiques, religieux ou politiques.

La vraie question n’est donc pas de savoir à quel point la société française méprise les différences. La question est que les affirmations de différences n’ont pas de sens dans la conception qu’ont les français de la vie en société et de l’organisation de l’Etat. La laïcité n’est pas l’expression d’un mépris organisé à l’égard des idées religieuses, elle pose simplement qu’il y a des choses ne peuvent être faites que dans l’intimité ou dans des locaux prévus pour cela.
Mais alors, objectera-t-on, si la question du respect pour les différences est une fausse question, où et comment forger les réponses « aux vraies questions » ? Voilà encore une de ces questions dont la justification intellectuelle vient d’ailleurs : la réponse a été formulée depuis longtemps. C’est à l’école qu’a défaut de la famille on apprend ce que c’est que d’être français. Et à beaucoup d’égard, il est préférable que ce soit à l’école publique que le comportement public soit enseigné. Comme la ville, l’école libère des habitudes et des facilités du terroir et des traditions qui sont des entraves à la pensée et à la liberté même si elles sont badigeonnées de croyances plus ou moins documentées, plus ou moins comprises.

Et certainement, si la France pèche de nos jours c’est d’avoir laissé des idéologies étrangères détruire ce qui avait été conceptualisé et bâti : l’enseignement public. L’école est le lieu où la socialité « à la française » se bâtit. or, On a tellement expliqué que l’école, comme l’hôpital, comme l’usine, comme la prison sont des lieux d’enfermement, d’asservissement de d’aliénation que la mission de base de l’école a été dévoyée. On l’a transformée en fabrique à diplômes français, valables sur le marché français, répondant aux lois de l’offre et de la demande et aux paires de claque sur les professeurs si le produit n’est pas livré dans les temps ou s’il prétend incarner l’universel et l’ouverture à l’opposé du particulier et de l’enfermement.

La diversité n’a pas sa place dans l’école. Elle n’a pas non plus sa place dans les comportements politiques. Les expressions de la diversité n’ont pas à déborder l’espace privé et ne sauraient prétendre à une quelconque reconnaissance.

Il y aurait peut-être moins de morts et de massacres dans le monde si ces idées simples se diffusaient.

Racisme, identité, minorités.
Laurent Bloch - le 1er décembre 2020

Pascal, je te remercie de ton commentaire, mais je ne suis pas sûr d’avoir été bien lu par toi. Nulle part je ne soutiens qu’il faudrait importer en France la vision américaine de la diversité. Je m’en tiens à l’analyse d’Emmanuel Todd dans son livre “Le Destin des immigrés” (1994), où il compare les manifestations du racisme aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne et en France : le racisme existe dans ces quatre pays, mais sous des formes différentes, explicables par l’histoire et la sociologie.

Les sciences sociales d’aujourd’hui sont parvenues à la conclusion que l’identité des gens est multiple, et que selon les circonstances l’une ou l’autre de ses instances se manifeste. L’exigence d’une identité unique, “citoyen français”, est tyrannique pour les minorités, elle en écrase les ressortissants. C’est la caractéristique du racisme français : son intolérance à l’égard des minorités. J’en ai fait l’expérience.